Tiphaine de Raguenel : « France Télévisions est le premier investisseur européen en animation »

© Christophe Russeil / FTV

Le MIPJunior, marché des contenus dédiés aux jeunes publics, a fait office de prologue au MIPCOM. L’animation tient une place majeure au sein des industries de contenus made in France, en étant notamment le premier genre à l’exportation des programmes audiovisuels. France Télévisions est un moteur du genre de par les investissements réalisés en termes d’acquisitions et de coproductions et bien sûr par l’exposition de la création sur ses antennes et sur le numérique. Tiphaine de Raguenel, Directrice des activités jeunesse du groupe, détaille la part de l’animation en matière d’investissement, de résultats d’audiences sur le numérique et d’export. La Directrice exécutive de France 4 réaffirme par ailleurs l’ambition de France Télévisions pour l’animation sur les plateformes.

CultureBiz : Que représente l’animation au sein des activités du groupe de France Télévisions sur le plan des moyens dédiés ?

Tiphaine de Raguenel : France Télévisions est le premier investisseur dans l’animation en Europe avec 30 millions d’euros par an. Les investissements dans l’animation vont augmenter de 8 millions d’euros d’ici à 2020. Les acquisitions sur le marché international s’élèvent à 5 millions d’euros par an. Venir au MIPCOM et au MIPJunior, c’est l’occasion pour nous de rencontrer les distributeurs étrangers et producteurs indépendants. L’animation est un genre particulier, avec une part importante des apports étrangers dans les budgets, et nous finançons environ 30 à 40% des projets. Il y a beaucoup de séries qui se font avec la participation de grands réseaux comme Disney, Turner ou encore Nickelodeon, tandis que d’autres se font avec des chaines de télévisions européennes.

Comment se décline la programmation de l’animation sur les chaines du groupe ?

L’animation est une des priorités de France Télévisions qui a des engagements importants pour le genre. Les chaines du groupe diffusent 5 800 heures par an de programmes pour enfants, essentiellement de l’animation française avec des séries, des spéciaux et films d’animation. Une majorité de la diffusion est sur France 4, la chaine dédiée aux enfants et à la famille avec environ 3 500 heures, auxquelles s’ajoutent les cases de matinée sur France 3 et France 5 et les films en soirée. Aujourd’hui, notre objectif est que la jeunesse soit d’abord en priorité sur France 4 mais qu’elle existe aussi ailleurs. C’est valable pour les autres chaines du groupe mais également pour le numérique, notre ambition est vraiment d’avoir une logique d’édition multiplateformes.

« Les formats très courts sont adaptés aux dimensions ludo-éducatives des programmes »

Comment se traduisent les investissements et commandes de France Télévisions en termes de nombres de programmes d’animation, et quelle est la répartition entre les formats ?

Nous sommes à environ une douzaine de séries par an, dont la moitié pour les préscolaires et l’autre sur les 6 à 10 ans. Nous avons aussi deux marques sur les programmes jeunesse : ‘Zouzous’ pour les préscolaires diffusée sur France 4 et 5 et sur une plateforme dédiée, et ‘Ludo’ pour les 6-10 ans sur France 3, France 4. En termes de formats on est très éclectique mais c’est effectivement le 11 minutes qui est devenu dominant, aussi parce que les comédies s’y prêtent plus. Suivent le 7 minutes et le 22 minutes qui a tendance être moins présent puisqu’il est lié au genre aventure.

Julien Borde, responsable de la programmation digitale, a déclaré au MIPJUNIOR que les formats courts étaient une orientation non des moindres pour France Télévisions. Pouvez-vous préciser comment cela se concrétise sur la programmation ?

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