Bien que le streaming poursuive sa dynamique de croissance, le secteur de la musique enregistrée subit tout de même de sérieuses répercussions de la crise sanitaire et économique et ce à divers niveaux. De nombreux facteurs impactent les résultats d’exploitation des projets, fragilisent les investissements des producteurs et perturbent l’évolution de carrière des artistes. Outre l’évolution du contexte sanitaire et l’arrêt des concerts et festivals, le changement des habitudes de consommation, la saturation de l’espace médiatique, ou encore l’attention des publics toujours plus convoitée par les créateurs de contenus sur les réseaux sont parmi les principaux. C’est dans ce contexte en perpétuel mouvement mais dans une perspective certaine de croissance pour le marché de la musique enregistrée que les labels indépendants poursuivent leurs activités. Entretien avec Stephan Bourdoiseau, Président de Wagram Music et récemment réélu à la Présidence de l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI).

CULTUREBIZ : Le syndicat qui regroupe les principaux labels indépendants devient plus actif avec la nomination d’un Directeur Général et davantage de communication. Dans quels buts ?

Stephan Bourdoiseau : Ces derniers mois nous avons activement travaillé dans le cadre de la création du Centre national de la musique et plus récemment pour installer notre nouveau Directeur Général, Guilhem Cottet, en plus des affaires courantes.

Les labels indépendants ont une carte à jouer au regard des perspectives de marché, de la nécessité de gérer la crise actuelle et des différents enjeux de la filière. Les associés de l’UPFI ont pris la décision d’avoir un Directeur Général à temps plein pour répondre aux enjeux considérables et devenus plus lourds tant pour l’UPFI que la SPPF. Nous avons maintenant l’ambition de doter l’organisation de ressources humaines plus conséquentes, de produire des idées, de travailler sur davantage de dossiers, et de communiquer de façon plus adaptée auprès des acteurs de la filière et des pouvoirs publics. Nous travaillons également à une synergie des ressources qui existent au sein des entreprises associées, notamment sous la forme de mise en place de commissions autour des thématiques « distribution digitale », « médias », « financement et fiscalité », etc.

Comment se résument les principales attentes des labels indépendants au regard du contexte actuel ?

Les sujets d’urgence sont de mon point de vue de deux types : l’urgence liée à la crise sanitaire et le plan de relance dans le cadre du PLF 2021.

Nous travaillons avec le Centre national de la musique sur la ventilation du fonds de 4 millions d’euros dédié aux structures de la musique enregistrée. Une partie des sommes affectées au CNM viendra palier aux difficultés des opérateurs les plus fragilisés. La musique enregistrée est également impactée par la décision de la CJUE (La Cour de Justice de l’Union Européenne a estimé que les Organismes de gestion de collective doivent traiter de manière équitable tous les ayant droit, y compris ceux des pays non-signataires de la convention de Rome, et leur répartir les droits perçus au titre de la rémunération équitable. Or, les budgets d’aides sont en partie financés par les irrépartissables notamment abondés par les droits perçus pour des ayant droit hors de l’Union Européenne) qui vient fragiliser l’écosystème et le financement de nombreux projets. Les labels indépendants sont pourtant dans une dynamique extrêmement intéressante en raison de la croissance phénoménale, et dans un environnement où la concurrence internationale est très forte.

On est déjà sûr que 2021 va être impactée de façon significative.

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