En première ligne dans la lutte contre le piratage, l’Hadopi continue de s’appliquer à démontrer l’efficience de son intervention.

La « réponse graduée », constituant le cœur de l’action de l’Hadopi face aux pratiques de consommation illicites des œuvres culturelles, a été plus efficace en 2019. D’après le dernier rapport d’activité de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, près de 620 000 premières recommandations (mails de l’Hadopi demandant de cesser la consommation illicite) ont été adressées en 2019 et environ 208 000 deuxièmes recommandations. Un chiffre en baisse, que la Haute autorité explique entre autres par l’évolution des pratiques en plus des effets dissuasifs de son intervention depuis sa création. Preuve en est, 70% des dossiers pour des premières ou secondes recommandations ne font pas l’objet d’autres saisines. Les saisines, adressées à l’Hadopi par les ayant droit constatant une atteinte au droit d’auteur, ont fortement baissé en 2019, passant de 14 à 9 millions. La consommation illicite des œuvres culturelles a en revanche été plus sanctionnée par la Justice en 2019 avec 759 décisions pour 625 mesures répressives et 128 condamnations. L’une des principales informations du dernier rapport de l’Hadopi porte sur l’évolution des pratiques de consommation, qui tendent à basculer davantage vers l’offre légale. Les consommateurs à déclarer s’être tournés vers une offre légale après la réception d’une recommandation sont effectivement passés de 42% à 50% entre 2017 et 2019. Une nette augmentation qui s’est accélérée l’an dernier avec +6% au point d’être forte que les consommateurs à déclarer s’être tournés vers une autre offre illégale, qui ont certes augmenté de 6% en deux ans, mais seulement de 2% en un an. Et pour ce qui est du secteur de la musique, l’évolution de la pénétration des offres des plateformes de streaming devrait continuer d’inciter les consommateurs à se tourner vers les offres légales.