Producteurs, diffuseurs en région, exploitants de salles, festivals sont subissent le coup d’arrêt porté à l’économie, avec toujours autant d’incertitudes et d’interrogations sur la reprise de leurs activités et de leur secteur. Premier syndicat d’employeurs du secteur du spectacle vivant privé, le PRODISS, qui regroupe environ 400 adhérents, est en première ligne face à la crise et ses conséquences. Entretien avec Olivier Darbois, Président du PRODISS, Aurélien Binder, Vice-Président du Comité Salles, et Malika Séguineau, Directrice Générale.

CULTUREBIZ : Comment vivez-vous la crise depuis l’interdiction des évènements, la fermeture des lieux, et les reports et annulations de tous les concerts, tournées et festivals ? Que révèle la crise sanitaire et économique à propos de vos activités et de vos métiers ?

Olivier Darbois : Dès début mars, nous avons évalué l’ampleur de cette crise majeure, venue bousculer nos activités et nos métiers. Notre première demande a été d’avoir de la visibilité, avec des décrets qui précisaient la période durant laquelle nos activités étaient interdites et les jauges concernées. Les décrets étaient indispensables pour geler les accords commerciaux entre producteurs et salles ou producteurs et festivals.

Cette crise nous a aussi galvanisés au PRODISS. Le Bureau élu et l’équipe permanente se sont mis au travail immédiatement. Cela a aussi rapproché les quatre métiers et on a donné de l’attention immédiate, constante, dans l’analyse, les prises de décision et de positions. Nous nous sommes rassemblés pour y porter et y faire rayonner une solidarité, éteindre nos contrats et nos potentiels contentieux qui pourraient découler de la crise, mieux se faire entendre, ne pas s’exposer à produire de la casse économique exponentielle.

Aurélien Binder : plus de 80% de nos membres sont des TPE/PME, des entreprises majoritairement indépendantes, souvent sur un modèle très artisanal. Il y avait un niveau d’attente très fort, pour répondre et anticiper les impacts et conséquences des décrets. Nous avons fait un énorme travail de soutien quotidien juridique et économique auprès de nos 400 adhérents. Notre équipe permanente a été un lieu de ressources essentiel, et nous avons été aussi le relai auprès du Gouvernement pour rendre les dispositifs applicables au secteur (notamment l’activité partielle) et obtenir des mesures adaptées. Nous avons déployé tous nos moyens pour être présents dans cette période terrible et nous continuons à nous mobiliser.

Cette crise a permis d’exhumer l’interdépendance de nos 4 métiers, et la reconstruction basée sur cette interdépendance nous apparaissait évidente. Habituellement, les métiers ont des problématiques différentes, des enjeux particuliers et dans des crises systémiques, la solidarité reprend tout son sens. Le métier de diffuseur de spectacles en régions est lié au métier de producteur national, lui-même relié aux salles en cohabitation avec les festivals. Nous constituons un seul écosystème, c’est la grande leçon de cette crise. Il s’agit de maintenir toute la chaîne et de traverser l’épreuve ensemble.

« Nous sommes un écosystème d’une extrême fragilité, avec des marges proches de l’équilibre voire négatives »

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