Serge Kancel : « Rendre compte des réalités économiques dans le paysage des festivals »

Les professionnels du spectacle ont un nouvel interlocuteur privilégié. Serge Kancel est désormais le référent permanent pour les festivals. Une mission riche et intense, qui devrait rapidement prendre un positionnement clé auprès des politiques comme des acteurs de la filière compte tenu des multiples évolutions récentes et à venir dans l’écosystème des festivals. A quelques semaines de la remise de sa première synthèse à la Ministre de la Culture, Serge Kancel détaille les prérogatives de sa mission. Il en profite également pour rationaliser certaines positions hâtives. 

CULTUREBIZ : Pouvez-vous préciser vos principales interrogations pour aborder la veille économique des festivals de musiques actuelles ? 

Serge Kancel : Ces interrogations répondent aux objectifs de la lettre de mission que la Ministre de la culture m’a adressée. Il s’agit de rendre compte de la réalité économique dans le paysage des festivals, avec tous les bouleversements que cela sous-entend, et aussi de la réalité des sources de financement publiques. Récolter les informations est déjà un travail considérable en soi. Je m’applique à récolter le plus de données sur l’ensemble des financeurs publics (régions, départements, communes). Ce qui devrait permettre de mieux mesurer ce qu’il en est réellement du retrait supposé ici et là des collectivités. Les sources provenant des autres financeurs bien connus comme le CNV pour les musiques actuelles, le CNC pour les festivals de cinéma ou le CNL pour les salons du livre, et aussi celles des organismes de gestion collective (SACEM, SACD, ADAMI, SPEDIDAM etc.) font aussi partie de mon périmètre d’investigation. Tous ces acteurs ont certainement des approches différentes et il s’agit de les comprendre et surtout de voir comment elles se coordonnent et s’harmonisent du point de vue des festivals eux-mêmes. En tant que référent permanent, qui plus est avec un périmètre des festivals qui couvre l’ensemble des champs culturels bien au-delà des musiques actuelles, il m’est clairement demandé d’avoir des réflexions transversales. Certains dispositifs dans des secteurs comme le cinéma ou le livre pouvant être mis en regard de ce qui se fait dans les musiques actuelles par exemple. 

Certains observateurs membres d’institutions externes s’étonnent d’un manque flagrant de données dans les secteurs de la musique et du spectacle, alors que l’on connaît l’exemplarité du cinéma et de l’audiovisuel en la matière. Quelle est votre analyse à ce propos ? 

L’écosystème des festivals de musiques actuelles est complexe, et donc difficile à analyser, ne serait-ce qu’en raison du nombre de festivals. La question des données sur les secteurs de la musique renvoie au rôle de l’Observatoire de la musique placé au sein du Centre National des Variétés (CNV), dispositif qui va se développer dans les temps à venir en prenant le temps nécessaire pour consolider progressivement un socle de connaissances. Qui existe déjà. La mise en place de cette observation sous-entend la récolte, le traitement et la publication de données multiples, qui n’ont pas le même niveau de confidentialité et dont certaines sont stratégiques pour les acteurs. C’est une évidence que la musique est un secteur où il y a beaucoup moins de centralisation des informations et des données que le secteur du cinéma où le CNC a depuis longtemps centralisé les informations essentielles de la filière, sur lesquelles il fonde des analyses approfondies et suivies sur la durée. L’on devrait donc pouvoir constater une amélioration dans le champ des spectacles, y compris grâce au dispositif de remontée des informations sur les entrées des spectacles posé par la loi LCAP. 

Votre première synthèse est attendue avant l’été. Ce document sera-t-il surtout un panorama du paysage des festivals ou des premières recommandations pourraient déjà y figurer ? Les axes majeurs sont-ils prédéfinis ?

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