Emmanuelle Bouilhaguet – SEDPA : « Les distributeurs contribuent à ce que les productions soient mieux calibrées pour l’export »

 

Le caractère indispensable des distributeurs n’est plus à démontrer dans un contexte où l’export des programmes audiovisuels a progressé de 100 millions d’euros en vingt ans. D’autant que leur investissement s’opère de plus en plus en amont des productions avec des apports en hausse constante pour répondre au besoin en nouvelles sources de financement. Les distributeurs réunis au sein du Syndicat des Entreprises de Distribution des Programmes Audiovisuels s’attèlent à faire valoir leurs intérêts et à partager leur expertise auprès des autres maillons de la chaine. Dans une interview accordée à CultureBiz, Emmanuelle Bouilhaguet s’exprime sur l’impact des mutations du marché vis-à-vis de l’activité des distributeurs et sur les enjeux qui en découlent. La nouvelle Présidente du SEDPA, en parallèle Directrice de Lagardère Studios Distributions, fait également part des attentes de la profession en matière de soutien.

CultureBiz : Quelles sont les marges de progression restantes pour que les productions françaises continuent de gagner en attractivité du point de vue des distributeurs ?

Emmanuelle Bouilhaguet : Nous nous réjouissons que la production audiovisuelle française se soit beaucoup améliorée et qu’elle suscite autant d’intérêt à l’international. La croissance des ventes de programmes audiovisuels est plus flagrante sur la fiction, l’animation étant historiquement le genre qui s’exporte le mieux. Depuis quelques années, des séries exigeantes en qualité de production sont portées par Canal Plus, TF1, France 2, Arte et plus récemment M6. Les deux grandes tendances sont les séries feuilletonnantes orientées thriller (6 ou 8 x 52’) et les séries procédurales. Par ailleurs, le marché international est très demandeur des séries feuilletonnantes. Les séries qui fonctionnent bien ont cette approche de « glocalisation » avec des thèmes universels porteurs sur les marchés et des éléments locaux qui ne sont plus rédhibitoires pour l’international. Il faut donc poursuivre cette exigence de production. L’écriture est également un des leviers pour que les histoires soient plus rythmées et ce dès le 1er épisode. La production audiovisuelle s’est, certes, enrichie en France mais c’est aussi le cas sur les autres marchés. Une bonne série ne suffit plus, il faut maintenant une excellente série.

Comment la montée en puissance des plateformes de vidéo à la demande impacte l’activité des distributeurs en matière d’export ?

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