Afrique : les sociétés d’auteurs à l’épreuve du développement des perceptions

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Les sociétés d’auteurs membres du Comité Africain de la CISAC et les créateurs réunis à Alger le 15 septembre dernier

La protection des droits des créateurs a été l’un des thèmes majeurs du 1er Forum des Créateurs Africains organisé par la CISAC et par l’ONDA à Alger la semaine dernière. L’Afrique s’efforce de combler son retard en matière de droit d’auteur et de droits voisins. Dans une série d’articles exclusifs, CultureBiz décrypte les principales entraves à la collecte des droits sur le marché africain et la stratégie mise en œuvre par les sociétés africaines pour y palier.

Les chiffres sont sans équivoque. Sur environ 9 milliards d’euros de droits perçus en 2016, seulement 67 millions d’euros ont été collectés sur le continent africain soit moins d’1% des sommes. La musique, le spectacle, le cinéma et l’audiovisuel sont des économies informelles dans la plupart des pays africains. A la conjoncture économique s’ajoutait une offre légale quasi-absente de la majorité des marchés faute de distributeurs, de magasins de biens culturels et des plateformes. Un état de fait qui a permis l’émergence du piratage dans les habitudes de consommation, d’abord par la copie des cassettes puis des CD et DVD et depuis quelques années du téléchargement illégal qui a littéralement explosé avec le déploiement de mobile. D’après les données de la GSMA, l’Afrique subsaharienne totalisait 436 millions d’utilisateurs de mobiles au 2ème trimestre 2017 soit 44% de sa population et 9% du total mondial. Le rôle historique de la Culture aux quatre coins du continent fait aussi partie des éléments qui expliquent, selon les professionnels africains, l’absence d’une véritable économie. « L’Afrique donne une image d’un continent où la Culture ne produit pas de valeur économique à la hauteur de son potentiel, quand on connaît sa richesse culturelle. La pluparts des activités sont donc informelles, aussi parce qu’en Afrique, la Culture est avant tout un vecteur de lien social, et non une industrie. Des activités comme l’organisation de spectacles ou le statut de l’artiste ne sont pas structurées alors on a du mal à appréhender leur valeur économique et la valeur qui est créée sur les territoires » analyse Irène Vieira, Présidente du Comité Africain de la CISAC composé de 38 sociétés d’auteurs.

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